Au fil de la Loire

Vins de la Loire

publié le mercredi 15 mai 2019 à 08h00

Au fil de la Loire

 

Le plus long fleuve de France, réserve pas mal de surprises au promeneur viticole.

Il parcourera un long périple s'il veut s’arrêter à chaque étape vigneronne, car la Loire est depuis sa source au fin fond de l’Auvergne et de l’Ardèche, quasi sans interruption suivie par les vignes.

Ce fleuve presque sauvage, non endigué, non régulé ne possède donc que peu de barrages sur son cours.

 

Les vins sont-ils à son image ?

Qui sait car nombre de vignerons anticonformistes y ont élu résidence.

 

Comme nous l’avons déjà dit, la Loire prend sa source au fin fond du Massif Central, au Mont Gerbier de Jonc, en Velay ardéchois.

Elle court ensuite de manière assez tumultueuse pour se poser dans les plaines du Puy et de Roanne. C’est ici que les premiers ceps de vigne viennent l’effleurer.

Les Côtes du Forez adossés aux monts du même nom, dans le département de la Loire, la voient de loin mais pas autant que ça.

Viennent ensuite les Côtes roannaises, premier vrai vignoble sur son épaule gauche, au village du Côteau et le long de la plaine. Gamay, Pinot Noir, Chardonnay, et d’autres en IGP s'y retrouvent... Ils sont mis en avant par un grand restaurateur de Roanne, ce vin mérite aussi un petit détour.

 

Un bon trou se fait pour arriver ensuite dans des pays de vins blancs fort réputés. Nous voici au pays du grand Sauvignon, Pouilly sur Loire, Sancerre, Ménetou-Salon, Côteaux du Giennois, invariablement situés en rive droite ou gauche.

Les cépages ici sont Sauvignon et Pinot Noir, et le Gamay en giennois. On remonte légèrement pour faire une courbe vers le sud-ouest, Orléans et ses vins sont passés. Curiosité ici le Meunier s’ajoute au Chardonnay et Pinot Noir dans l’appellation Orléans AOC.

 

 

On entre ensuite dans une série quasi ininterrompue de grands noms, et de grands vins blancs surtout avec l’arrivée du Chenin (Article d'Alice sur le chenin), le Roi de la Loire, ami du brochet !

On attaque souplement et tranquillement avec Cheverny, Cour Cheverny et Amboise puis la série des Touraine, arrive ... Vouvray, Montlouis-sur-Loire, pan ! (Laura David vigneronne à Montlouis)

Ensuite attention le Cabernet Franc embraye le pas, Chinon, Bourgueil, St Nicolas de Bourgueil.

Viennent ensuite Saumur, Saumur-Champigny, à quelques kilomètres tout s’enchaîne en un rythme affolant.

Les affluents affluent et avec eux les sucres du Layon, de l’Aubance.

Saumur est déjà loin et nous sommes déjà à Angers... Layon et Aubance entraînent avec eux des compagnons d’infortune, le pauvre Bonnezeaux, ainsi que le Chaume et le Quart de Chaume sont désormais dans l’escarcelle du voyageur bachique !

 

On abandonne le sucre et les vins moelleux, doux et liquoreux pour revenir à de tendres vins blancs secs et vifs. Nous voici sur Ancenis et ses côteaux.

Nous avons frôlé le vendômois, qui s’est défilé, accompagné de ses voisins côteaux du Loir et Jasnières. On ne les retient pas ici car ils ne sont pas à proprement parlé sur les bords de Loire mais le jeu du Loir est amusant au demeurant, qui plus est avec son cépage peu connu le Pinot d’Aunis, aux notes si épicées.

 

Nous finissons avec des vins mal compris, parfois mal aimés, mais O combien intéressants ! On y cultive curieusement le Melon ...de bourgogne. Nous sommes en muscadet, et le Gros Plant qui donnera son nom à la toute dernière appellation avant que je ne me jette dans la mer en un grand estuaire non loin de St Nazaire et de Nantes.

 

Bien des affluents ont été volontairement oubliés, car parfois lointains du trajet de la Loire. Nous avons en revanche ajouté les très proches dont on ne pouvait se passer. Au final, énormément de vins, beaucoup d’appellations, une proportion équilibrée entre rouges et blancs, un paradis de sucres, parmi les meilleurs au monde.

Oui Madame la Loire ! Le choix est très vaste, rouges faciles de gamay, de garde sur les tuffeaux de Bourgueil, magnifiques crus de Muscadet au vieillissement surprenant, multitude de sols, multitude de gens, de styles, de cépages...

De quoi faire et pour un bon moment.

Stanislas ROCHER

par Stanislas ROCHER

OenoConseil, Voyageur dégustateur et Dénicheur de perles.