Stan en voyage nous fait découvrir un cépage Turc : l'Okuzguzu

Sur la route des cépages

publié le samedi 17 novembre 2018 à 15h13

Stan en voyage nous fait découvrir un cépage Turc : l'Okuzguzu

Vieux cépage à la prononciation très ottomane, eu keu sgeu zeu, ce cépage autochtone turc est surement un des plus anciens qui soient sur cette terre.

Principalement cultivé en Anatolie, ce cépage rouge est sûrement originaire de ces hauts plateaux où l’Euphrate prend sa source.

Son nom qui veut dire œil de bœuf littéralement fait référence à ses grains gros et ronds.

 

 

Il est souvent assemblé avec son homologue Bogazkere, lui aussi anatolien.

Il est donc adapté à une culture d’altitude et méditerranéenne et continentale, un peu à l’image du Tempranillo espagnol.

Hivers secs et froids, étés chauds et secs également, il est pour la région de maturité assez tardive avec un cycle végétatif relativement long.

 

Moyennement productif, peu sensible aux maladies, grappes moyennes, cylindriques, le plus souvent compactes, quelquefois flanquées d'une ou deux ailes parfois assez grandes ; baies moyennes, sphériques ou légèrement elliptiques, peau d'un beau noir bleuté recouverte d'une forte pruine pouvant s'effacer assez facilement.

 

Il donne des vins peu colorés à l’image du pinot noir et des arômes assez proches du grenache chez nous, entre épices douces, menthe, eucalyptus et chocolat.

Il a une belle acidité qui lui confère un certain potentiel de vieillissement.

On évitera le passage en fût ou très léger, vu sa certaine légèreté et acidité.

 

En monocépage non assemblé, il donnera des vins souples et vifs, aux arômes de confiture de fraise, assez faibles en alcool, capables de bien vieillir.

Il est également souvent assemblé avec les cépages internationaux, cabernet, merlot, etc...

Là son style particulier et unique sera moins évident, mais il apportera une touche de fraîcheur au vin.

 

 

En résumé, ce cépage méconnu en Europe, pourrait s’avérer dans le futur un atout majeur pour le pays si d’aventure il cherchait à exporter des vins frais et fins, avec de l’originalité.

Peut-être une piste à creuser pour le réchauffement et sa résistance aux maladies.

 

 

Producteurs à suivre, Kayra, Kavaklidere, Vinkara.

Attention les vins sont peu importés, et les domaines sont assez grands.

Il n’y a pas d’appellations, donc tout est souvent assemblé entre territoires et plutôt industrialisé en termes de vinification/distribution.

Stanislas ROCHER

par Stanislas ROCHER

OenoConseil, Voyageur dégustateur et Dénicheur de perles.