Encore un cépage oublié : le Ribeyrenc

Sur la route des cépages

publié le mercredi 15 janvier 2020 à 08h00

Encore un cépage oublié : le Ribeyrenc

Pour bien commencer 2020, retour en France et avec une fois de plus un cépage oublié mais de grande importance par le passé. A une certaine époque un quart des surfaces du Languedoc en furent plantées. Alors que s’est-il passé ?

 

Et bien sûr pour cela je vous invite à retrouver mes réflexions sur l’article « que sont-ils devenus ? ou pourquoi ont-ils disparus ? » qui sera publié le samedi 18 janvier 2020

 

Le cas du Ribeyrenc, parfois connu comme Riveyrenc qui est celui qui nous intéresse aujourd’hui est assez complexe et les raisons multiples. Nous dirons que les exigences et les volontés du dernier quart du siècle passé ont eu raison ou quasi de pas mal de cépages historiques de nombreuses régions. Le Ribeyrenc en faisait partie.

 

On lui connaît quelques noms tel que l’Aspiran, le Ribeyrec, Rivairenc, Riverain, Spiran, etc... Originaire du Gard et de l’Hérault, la ville d’Aspiran n’a à priori rien à voir avec un de ces noms... Sa parenté la plus proche est comme l’œillade à rechercher du côté du Cinsault.

 

Première chose à savoir, sa fragilité. À maturité les baies du Ribeyrenc sont sucrées et la peau peu épaisse, pas de vendange mécanique possible, sinon, et bien oxydation, etc...  Ses qualités de production sont le débourrement tardif, une vigueur modérée et un port plus ou moins érigé, à tailler court de préférence. Il aime les sols assez pauvres et le caillou ne lui fait pas peur. Rustique, il est moyennement productif, il craint les gelées d'hiver, le mildiou, l'oïdium et la pourriture grise. Maturité 2e époque tardive, le Ribeyrenc est un vrai du Sud quoi :-)

 

Concernant l’ampélographie :

 

Les grappes du Ribeyrenc sont moyennes, coniques, ailées, plus ou moins compactes, pédoncules de moyenne longueur et de moyenne force ; baies moyennes, globuleuses ou légèrement ellipsoïdes, à peau d’épaisseur variable, moyennement résistante, d'un noir violacé (existe également en blanc, en gris et en rose), un peu pruinée, assez translucide à pleine maturité, chair juteuse, sucrée, relevée, assez agréable et délicieuse, pédicelles assez longs et assez forts. Il a longtemps servi à la fois en cuve et en raisin de table... Fait assez rare !

 

 

Et le goût alors ?

 

Il donne des vins au degré assez faible et murit encore tardivement eu égard aux conditions climatiques actuelles, une bonne acidité naturelle, du parfum, de la fraicheur aussi naturellement et des tannins fins et soyeux. Le potentiel de garde est moins connu car il reste assez peu de vins et de vignerons qui le travaillent de nos jours. Il est autorisé en Minervois et Minervois la Livinière par exemple en AOP Languedoc...

 

Sinon c’est en VDF que ce cépage se retrouve étiqueté. Il donne donc quelques cuvées de qualité au potentiel de garde de 3 à 10 ans selon qu’il est assemblé ou pur. Des arômes floraux et fruités de fraise l’accompagnent et le titre alcoolométrique ou TAV est souvent largement en dessous de 13 % vol et ce bien qu’issu de parcelles très exposées ou pauvres et ensoleillées.

 

Chez Qui ?

 

Les noms qui viennent en premier à l’esprit, Clos Centeilles en Minervois, et Thierry Navarre à St-Chinian, et pour les autres et bien... On cherche encore mais je suis à l’écoute pour les nouveaux producteurs ou nouvelles cuvées de ce cépage ! 

 

winameeTeam

par winameeTeam

La winameeTeam vous propose des articles quotidien rédigés avec nos partenaires et amis.