Comment s'y retrouver lorsqu'il n'y a pas d'appellation ?

Le pourquoi du comment

publié le dimanche 20 janvier 2019 à 08h00

Comment s'y retrouver lorsqu'il n'y a pas d'appellation ?

 

L’Europe a protégé ses vins et ses régions de productions.

Mais ailleurs ou l’histoire est moins ancienne, où l'on est moins pointilleux, comment cela se passe t-il et comment s’y retrouver ?  

 

Lors de visites dans des pays moins réglementés j'ai connu dans le passé des Californian Burgundy (ou Bourgognes Californiens) ou Californian Sauternes !

Aujourd’hui ces pays ont une identité propre.

Il y a-t-il pour autant des zones délimitées, ou des appellations ?

Comment peut-on s’y retrouver au milieu de ces pays qui ont tendance à privilégier le cépage plutôt que la zone de production ?

 

Aujourd’hui nous avons également, à l’image des pays lointains, des vins de cépage.

On les retrouve surtout en zone IGP ou vin de France.

Nous verrons rarement Pinot Noir sur un Bourgogne, sauf si cela a un intérêt pour l’export.

Nous le verrons encore moins sur une appellation de type Hermitage ou St Joseph qui sont elles aussi en monocépage sur les rouges.

 

Les grands producteurs étrangers que sont le Chili, L’Australie, l’Argentine, etc… ont tendance à mettre en avant le cépage plus que la zone de production, d’où une certaine facilité à s’y retrouver, mais aussi un flou large quant à la provenance des vins.   

En fait chaque pays du nouveau monde, appelons-les ainsi, a bien des zones définies, comme nous avons la zone Méditerranée, ou la Loire.

Il existe des grande zones, comme South Australia, ou California, puis des subzones, ou zones plus petites. Ensuite certains, comme les américains, ont défini des zones de production se rapprochant de nos AOC, AOP.  

Chaque pays a une législation et chaque état peut aussi avoir son mode de qualification, le tout est de savoir ce qui est autorisé et ce que cela implique.

Par exemple en Californie ou plus largement aux USA, il est autorisé de mettre d’autres cépages dans un vin nommé à partir d'un cépage.

Il doit contenir au moins 85% dudit cépage

Idem pour la Zone, vous pouvez être en Napa et ajouter 25 % de vins venant d’une autre région.

C’est le système en vigueur et il est autorisé.

 

Les australiens respectent eux une règle de 85/15 pour les 2.

Par exemple un cabernet sauvignon de Coonawara pourrait contenir 15% de Syrah et 15 % de vins hors Coonawara.

Ce qui en soi n’augure en rien de la qualité des vins, mais cela induit un peu en erreur.

 

Cette souplesse permet de jouer en termes de volume et qualité.

Il faut bien admettre que cela peut jouer dans les 2 sens. En effet en année moyenne cette souplesse permet de lisser ou améliorer l’effet millésime.  

 

On lira alors bien les étiquettes car tout y est inscrit.

 

La France ou l’Europe mettent rarement leurs cépages en avant, sauf l’Alsace où le cépage est une appellation à lui seul !

Pour revenir à l’étiquette, tout y est, le cépage, le vigneron et son mode travail (négociant, récoltant, coopérative ; etc…) , les sulfites, la provenance, le degré d’alcool, le millésime, et d’autres précisions non obligatoires.

 

Ci-dessous exemple d’étiquette d’un vin australien.  

 

 

Revenons à nos pays à priori non réglementés.

 

En fait ils le sont assez bien, et la souplesse ou la non réglementation durant des années a aussi permis l’obtention de grands vins.

Le fameux Grange australien icône de la viticulture mondiale est issu de plusieurs vignobles et assemblé. Il n’est pas à proprement dit sur une seule et même appellation.

On pourrait d’ailleurs déclasser en France certains rares Bourgogne et les assembler ensemble.

Imaginons un Chambertin et un Echézeaux assemblés, ou un Hermitage et une Côte Rôtie pour donner le meilleur de chaque région…!

Nous avons segmenté et donné la part belle à de petits parcellaires en France ou en Europe, et crée des Grands crus, etc… qui représentent la quintessence d’une appellation.

Les autres pays ont vu plus grand et imaginé le meilleur vin possible en assemblant ce qui se faisait de mieux.

La notion de marque vient alors remplacer la notion de terroir ou de cru, c’est un peu ce que pratique la Champagne depuis toujours.

Et cela leur réussit aussi très bien, mais ce n’est pas le propos de ce billet.  

 

Nous avons donc, hormis des pays très peu porté culturellement ou peu développé au niveau vin, des débuts ou des réglementations assez importantes même dans les pays dits du nouveau monde.

Le Chili a ses vallées, ses lieux dits et parfois ses parcellaires.

 

Exemple de régions de production californiennes.

 

 

Alors il nous faut faire confiance aussi à certains étiquetages, car lorsque la loi ne va pas au bout ou est un moins précise ou contraignante que chez nous, le producteur est assez libre de nous balader…

De la même manière en France il est aisé de mettre Vieilles Vignes à tout bout de champ pour des ceps qui selon les régions et surtout l’appréciation des vignerons ont de 20 à 120 ans… et on n’obtient pas le même résultat ni rendement dans l’une ou l’autre catégorie.

 

Dès que le législateur n’encadre pas il est très facile de berner le consommateur. Malheureusement les plus coquins ne s’en privent pas...  

 

Bien lire les étiquetets est une chose. Lorsque l’on est à l’étranger, porter son choixsur une marque a sûrement un côté rassurant.

Il est assez aisé de se procurer un guide, local et parfois en français, qui donne des informations précises sur le vin.

 

Nous avons déjà discuté de l’intérêt des guides, des médailles, etc...(Article sur les guides et concours)

Il faut en effet bien identifier nos goûts par rapport à ceux des dégustateurs.

Un spécialiste de l’Amérique du sud n’a peut-être pas les mêmes goûts qu’un critique Bourguignon ou juste français.

Vous aurez également des informations sur les régions de production, ou les types et styles de vins produits.  

 

Le caviste s'il est un tant soit peu professionnel, quelque soit son pays, saura aussi vous faire déguster et identifier vos préférences.

Il devrait même vous parler des styles de vins et appellations que nos lointains amis pourraient faire !

Allez le voir et faites-lui confiance !

 

Stanislas ROCHER

par Stanislas ROCHER

OenoConseil, Voyageur dégustateur et Dénicheur de perles.