Airen un cépage qui n'est pas des neiges

Sur la route des cépages

publié le mercredi 05 février 2020 à 13h00

Airen un cépage qui n'est pas des neiges

 

Il était grand temps de mettre ce monstre en avant !

 

L'Airen est le cépage blanc le plus planté au monde et pourtant inconnu quasiment de tous !

Oui ce cépage espagnol de la Meseta centrale espagnole est un discret mastodonte !

 

Pourquoi donc alors cet Airen nous est-il si peu familier ?

 

Airen quien ères tu ?

(Ndt: qui es-tu ? )

 

Originaire d’Espagne, je suis jusque dans les années 2000 le cépage le plus planté au monde avec encore en 2004, 306 000 Ha de vignes plantées, en déclin, 2010 je suis à 254 000 ha déclarés. Bien qu'en forte baisse j’ai néanmoins encore le titre de blanc le plus planté au monde, en vin de cuve, encore 30 % de la surface espagnole !

 

On m’appelle parfois aiden, lairen ou layren, blancon, manchega, forcallat ou forcellat ou forcayat, et outre l’Espagne c’est surtout et quasi uniquement ce n'est qu’au Portugal que l’on me retrouve aussi.

 

Pour mes origines précises, on retrouve mon passage très tôt à la fois en Andalousie mais également en Tierra de Madrid, ainsi que dans une large partie centrale du territoire. De nos jours je suis surtout présent au Sud de la Meseta, Castilla La Mancha et Vinos de Madrid. Je suis également autorisé au sud, Murcia, Valencia y Andalucia.

 

Je débourre et je mûris tardivement, et je suis de vigueur moyenne. Je suis un gros producteur, fertile, avec de grosses grappes. La sécheresse ne me fait pas peur et les terres pauvres non plus !

Les maladies et autres champignons ne m’intimident guère et je n’ai donc pas besoin de me faire aider de la chimie.

Je suis rustique comme on dit mais le vent est ma faiblesse donc taillez moi en gobelet et laissez-moi retomber pour que mes rameaux ne se brisent pas !

 

 

Ma peau est peu épaisse et je donne beaucoup de jus, je suis blanche et comme certains humains. Je rougis/rosie à pleine maturité. Mon goût est souvent assez neutre car les volumes et la dilution m’ont souvent empêché de donner ma pleine mesure, avec une propension à donner de vins de base pour l’élaboration de Brandy, autrement appelées en France Eaux de vie de Vins.

 

Aujourd’hui par endroit je suis mené de manière plus qualitative et je montre que je peux proposer autre chose que simplement une base neutre et peu colorée. Au meilleur de ma forme ma teinte jaunie légèrement, avec des touches de doré et mes arômes de pomelo ou d’agrumes rafraîchissent le nez.

Sans faire d’éclats, ma bouche légère et fruitée peu acidulée fait de mes vins d’agréables compagnons de table et d’apéritif. Sans complexes, sans grandes velléités non plus, je sais que l’assemblage me convient aussi très bien et que je ne défrayerai pas la chronique. Malgré un désamour certain je dois retrouver ma place sur les tables.

 

Bien que loin d’être dans la meilleure dynamique ce cépage a encore une place importante en Espagne et dans le monde, et vu ses qualités de résistance accrues il a encore de beaux jours devant lui.

 

Stanislas ROCHER

par Stanislas ROCHER

OenoConseil, Voyageur dégustateur et Dénicheur de perles.