Deux jours après la St-Valentin Stan nous présente le St-Amour !

Appellations françaises

publié le dimanche 16 février 2020 à 08h00

Deux jours après la St-Valentin Stan nous présente le St-Amour !

Poncif, marronnier, bref un classique vu et revu.

Eh bien oui moi aussi je cède à la facilité !

Nous sommes en Février, en milieu de mois et que vais-je traiter comme vin ? Appellation, au milieu du Beaujolais, je voulais parler d’un cru dégusté récemment et dont je me réjouissais... et alors mon cerveau a réagi et conclu... Décalons Régnié et occupons-nous donc de ce fameux cru délicat et dont le nom fait enivrer les cœurs avant les têtes ...

 

Vous l’avez deviné, on s’attaque donc au Saint Amour, rien que le nom nous donne des frissons et des papillons vous dévorent déjà le bas du ventre...  Mouais bof ! Par contre le terroir et les vins sont bien là :) sérieux et délicats, de beaux Gamay sur terroirs granitiques, mais pas uniquement, des vrais Beaujolais quoi.

 

Ou, Quoi, Comment ?

 

320 Ha conduits comme il se doit en gobelet, la zone de St Amour est la plus septentrionale des 10 crus du Beaujolais. Une des grandes particularités de cette appellation est d’être produite sur le département de la Saône et Loire uniquement et pas du tout dans le Rhône comme le reste des Beaujolais. Régnié est à cheval sur les 2 départements par exemple. C’est donc à la confluence de la Bourgogne que se situe ce vignoble charmant aux portes de Mâcon.

 

Le Chardonnay, l’aligoté et le melon de Bourgogne sont autorisés dans les parcelles à hauteur de 15% maximum mais rarement atteint. On peut réaliser des vins blancs également sur l’aire d’appellation mais uniquement en appellation Beaujolais blanc.

 

Le cru s’oriente autour du Mont Besset, de 220 à 440 m d’altitude sur des pentes majoritairement à l’est, sud-est. Un peu comme sur Brouilly on retrouve le granit rose mais non majoritaire, les pierres bleues et metadiorites volcaniques sont aussi bien présentes, des bancs de grès dominent le sommet du mont Besset et la moitié de l’appellation se retrouve en contrebas sur des sols d’alluvions anciennes. Ces formations dites de Piémont se retrouvent également au nord de la zone avec une partie un peu plus calcaire issue de décarbonations de roches calcaires.

 

La variété des sols implique une grande variété de vins, ce qui devient passionnant avec des vins issus d’un seul cépage, comme le Gamay ici. Les calcaires plus doux et ronds se consomment jeunes, et les granits plus tard dans le temps. Selon la vinification également le vin pourra donner des vins de bonne garde. Les vins de diorite donnent un côté plus épicé en général, et se gardent avec une trame plus minérale et moins fruitée.

 

Qui ?

 

Les vignerons de saint Amour ou Régnié sont généralement ins connus que leurs voisins de Morgon, Brouilly, ou Moulin à Vent, mais ce petit cru sait donner des vins charmeurs au profil très beaujolais, ronds et fruités.

Certains sur des années bien spécifiques ont aussi ce caractère marqué et tendu des terroirs plus acides, comme certaines cuvées du Domaine des Ducs dégusté récemment. Nous ne conseillons aucun vin en particulier, il faut vraiment se faire une image très personnelle selon les vins et les producteurs tellement il y a de choix. Certains grands noms tels JP Brun, ou Domique Piron, Chermette réalisent des cuvées sur cette appellation, et nous savons que leur sérieux est signe de qualité. Le Chateau Bonnet ou la Pirolette sont des producteurs plus locaux, dont les cuvées sont dignes d’intérêt également. Faites-vous une idée lors de salons, ou lors d’une belle visite oeno-gastronomique de cette jolie région.

Stanislas ROCHER

par Stanislas ROCHER

OenoConseil, Voyageur dégustateur et Dénicheur de perles.