Le Barbaresco, une belle appellation Italienne

Vins étrangers

publié le dimanche 09 juin 2019 à 08h00

Le Barbaresco, une belle appellation Italienne

Pour approfondir la découverte des vins des Langhe, il est important de parler des 3 grands noms qui entourent la rivière Tanaro et la ville d’Alba.

Nous avons déjà bien détaillé le Barolo (redécouvrez l'article de Stan) et j’y reviendrais grâce à des visites chez de grands vignerons tels que Rinaldi ou Burlotto.

 

Je vais me concentrer sur la seconde appellation la plus connue après le Barolo : le Barbaresco.

Situé légèrement plus à l’Est, on y retrouve des caractéristiques communes aux 2 appellations en termes de sols et de climat, bref sur le terroir en général. D’ailleurs au 19E siècle les 2 vins étaient regroupés sous une seule et même appellation de Barolo.

 

Le nom de vins de Neive était également utilisé

On devrait les premiers vins de Barbaresco à un Français, Louis Oudart.

Le parallèle est souvent fait entre Piemont, Bourgogne,Toscane et Bordeaux, notamment sur la taille des domaines.

En effet ici tout est assez fragmenté et petit à l’inverse des toscans plus étendus. Il faut attendre la seconde moitié du 20E siècle pour que le Piémont se remette des crises diverses et variées qui secouèrent sa viticulture. Lorsque la reconnaissance et les techniques modernes de vinification et élevage arrivèrent, la réussite fut exponentielle ! Notons l’influence de Angelo Gaja et Bruno Giacosa dans cette fulgurante réussite.

 

Le Nebbiolo (Le cépage Nebbiolo par Alice) est le cépage unique des rouges, et la surface aujourd’hui de l’appellation est d’environ 500 Ha sur seulement 4 communes situées au nord et est de Barolo et d’Alba : Neive, Treiso, Barbaresco et San Rocco. Installées au sud de la rivière Tanaro, les rendements sont de 56 HL/Ha maximum et le vignoble ne doit pas dépasser les 550m d’altitude.

 

 

Le décret d’application date de 1966 pour la DOC. Le G arrivant en 1980 avec la DOCG, équivalent de l’AOC en France plus un Géographique G qui donne encore plus de précision et valeur à ces DOC Italiennes.

Le Barbaresco doit passer 26 mois à vieillir avant d’être mis en vente dont 9 mois minimum dans le bois…neuf ou pas. Et le Riserva 50 mois au total avec 9 mois mini en élevage bois.

 

N’oublions pas la notion de cru, car les collines ont toutes leur Frazzione et cela donne de grandes différences de l’une à l’autre : Pajore, Rombone, Rizzi, Asili, Santo Stefano, Rabaja, Martinenga

Certains auront un profil plus argileux comme le Rombone ou le Boito/Rizzi et d’autres plus léger comme le Starderi. Sans compter la patte du vigneron qui accompagne son vin un peu comme il l’entend.

 

Les sols sont très intéressants et variés, proches de ceux de Monforte et Serralunga sur le secteur de Treiso. Là les vins seront plus serrés et plus lents à se faire, alors que vers Neive et une partie de Barbaresco la proximité de la rivière Tanaro amène plus de sables et des vins au profil plus léger, et prêts plus tôt.

Les vins sont généralement très parfumés, aptes au vieillissement et peu colorés. Les notes de rose, de pot-pourri, de fleurs séchées et de fraise parfument les jeunes Barbaresco.

Les plus matures seront marqués par de jolis arômes de balsamique, de goudrons, de fleurs fanées, et auront gommer la structure tannique du Nebbiolo jeune.

 

Un grand vin pour une plus petite appellation !

Il faut donc s’y intéresser fortement car le voisin Barolo commence à être relativement cher…

En Barbaresco les exploitations sont assez petites, donc il y a encore pas mal de recherche à réaliser pour trouver les bons rapports qualité prix. Les grands noms que j’ai cités préalablement sont aujourd’hui quasi 3 à 4 fois plus chers que les bons vignerons moins connus.

Citons ici Giuseppe Cortese, Fiorenzo Nada, Pierro Busso, Rizzi, Ca del Baio, Castello di Neive, Bruno Rocca etc…

 

Notons que la coopérative de Barbaresco offre des rapports qualité prix très intéressants et de nombreux crus également.

 

Il y a donc pas mal de choix, sans se ruiner… 

 

 

 

Stanislas ROCHER

par Stanislas ROCHER

OenoConseil, Voyageur dégustateur et Dénicheur de perles.