Un nom compliqué pour un cépage subtil : le Gewurztraminer

Les Cépages Français

publié le dimanche 30 décembre 2018 à 08h00

Un nom compliqué pour un cépage subtil : le Gewurztraminer

Un beau et grand nom pour accompagner notre fin d'année. On voit déjà des grappes dorées et des vins bien moelleux, voir liquoreux.

Mais ce n'est pas seulement cela le Gewurztraminer.

Déjà il est à tendance rose au niveau de sa couleur.

Et souvent sec selon la région de production.

Mais son parfum finement muscaté et sa rondeur naturelle en bouche nous trompent parfois.

 

Issu de la mutation du Savagnin rose, son origine est avérée dans le Tyrol du sud où on trouve la ville de Tramain (Termeno en italien) et où le nom gewurtz signifie aromatique.

Longtemps confondu avec le savagnin rose qui d'ailleurs fait partie de la famille des traminers, il en est une mutation plus aromatique.

 

En Alsace sa présence semble se préciser courant du 19e siècle où on lui donne un nom propre et qui le distingue. C'est une période au cours de laquelle on commencerait à en faire des sélections.

Puis il traverse le Rhin pour se diffuser en Allemagne et en Autriche.

L’existence de ces cépages du Nord de l’Italie est avérée quant à elle depuis l’an 1000 environ.

 

Vigoureux mais peu productif on le taillera assez long pour obtenir les quantités nécessaires.

Un peu hâtif il craint donc les gelées printanières. Il résiste bien au froid comme ses congénères alpins, sud tyroliens.

Il est assez sensible à la chlorose, on sera donc attentif aux sols sur lesquels il sera planté, point trop de calcaire actif à priori.

Il apprécie les sols marneux et profonds avec peu de calcaire. Le choix des plantations grands crus en Alsace sera guidé par cet élément. Il peut être sensible à la coulure également.

 

C’est un cépage reconnu pour sa capacité à prendre le botrytis, et donc à donner des vins liquoreux de qualité.  

Dans cette éventualité, il ne possédera pas une grande acidité.

Comparativement au Riesling il est un peu « mou » mais l’équilibre vient d’une belle fraîcheur aromatique et de la minéralité des terroirs.

Il sera donc ramassé en plusieurs étapes pour donner soit un régional, soit une vendange tardive, soit une sélection de grains nobles.   

On le reconnait assez aisément en dégustation grâce notamment à ses arômes très marqués sur la rose ou le litchi.

Plutôt la rose en vin sec et le litchi en vin moelleux.

Il est un très bon compagnon d’apéritif, mais il peut également accompagner une cuisine exotique avec le lait de coco, ou la mangue.

Les alsaciens le servent avec les fromages puissants type Munster, ou Munster au cumin.  

 

                                                                                                   © Blog Millesima

 

 

En Alsace il couvre environ 18% de la surface cultivée avec 2500 Ha environ.

 

Il fait partie des cépages nobles et peut revendiquer l’appellation Alsace Grand Cru !  

 

Il est présent en Allemagne, Autriche, Italie, Croatie,

Hors Europe 2500 ha sont plantés aux USA, un peu moins en Australie et en Afrique du Sud.

 

Pas de préférence pour les vins d’Alsace.

Les meilleurs producteurs sont aujourd’hui quasiment tous en Biodynamie ou AB.

Les maisons historiques et les coopératives sont également d’un niveau correct à élevé !

 

Le Haut Rhin comme le bas Rhin sont éligibles et donneront de bons grands crus.

 

On citera l’Altenberg de Bergheim, le Eichberg, le Goldert, le Pfersigberg où l’étendu kaefferkopff comme des lieux de prédilection pour ce cépage.

 

Les grands noms historiques : Trimbach, Engel, Ginglinger, Dopff. Les précurseurs de la Biodynamie : Zind Humbrecht, Deiss et les plus récents, Bott Geyl, Barmes Buecher, Frédéric Bernhard au domaine Jean Marc Bernhard, les coopératives comme Ribeauvillé par exemple.

 

La liste est longue et la qualité est forte en Alsace !

 

Crédits photos : En-tête Photo BV

Stanislas ROCHER

par Stanislas ROCHER

OenoConseil, Voyageur dégustateur et Dénicheur de perles.