En ce premier jour d'été Stan nous parle du roi de nos tables estivales : le Cinsault

Les Cépages Français

publié le vendredi 21 juin 2019 à 08h00

En ce premier jour d'été Stan nous parle du roi de nos tables estivales : le Cinsault

 

Ils étaient rares et souvent blanc, les derniers cépages dont nous avons parlé.

Il était temps de retourner sur la base d’un grand cépage très utilisé, un grand du sud.

Un poil oublié ou mésestimé fut un temps, il a repris toute la place et tout l’intérêt qui lui étaient normalement destinés.

 

Le Cinsault, c'est de lui qu'il s'agit, est un grand cépage du sud, principalement français. Il a une réputation de légèreté et d'être peu tannique ce qui en fait une bonne base pour les rosés.

 

Mais n’a-t-il pas un peu été mal ou sous utilisé ?

A en croire les styles des vins actuels, de qualité, utilisant le Cinsault pur ou en dominance dans l’assemblage, ce serait bien le cas.

 

Apparenté au Terret (Article sur le Terret), à l’Oeillade et au Rivairenc, son aïeul est Le Brun Fourca.

On lui prête une origine provençale.

 

Il a longtemps servi pour le vin de masse car il donne de grosses et belles grappes cylindriques, à la chair juteuse et parfumée.

On le retrouve un peu autour du bassin méditerranéen, Italie, Espagne, mais également en Russie et aux États Unis, sous divers noms tels que Ottavianello, Malvoisie, Mavro Kara Melki etc...

C’est son nom languedocien, le cinq saou qui lui donne son nom définitif.

 

 

Le Cinsault est un cépage sensible à pas mal de maladies telles que le mildiou, l’esca, l’eutypiose, le black rot et les diverses pourritures.

Au moment de l’arrivée des cépages améliorateurs le Cinsault était en grande perte de vitesse.

Sa grande qualité est sa résistance à la sécheresse, et ses aptitudes à produire des vins fruités même en quantité.

Le vigneron a appris à le maîtriser et bien gérer sa vigueur et sa production. Étant donné que de nombreux vieux plants sont encore présents, il sera un très grand cépage du sud. Exposé au sud sur des terres légères et caillouteuses, il mûrira lentement grâce à un débourrement tardif et une maturation du même ordre.

 

Il donne alors des vins au degré d’alcool maitrisé, à la couleur peu profonde et cerise, ce qui lui vaut le surnom de Pinot du Sud. Son jus fruité et peu puissant lui donne un style plus aérien que les autres cépages du pourtour méditerranéen.

En assemblage dans les appellations du Rhône sud, le Cinsault est parfois utilisé en cuvée seule dans le Languedoc. Il y donne parfois de jolis vins, presque grands. Parfumé et élégant, il se garde de manière modérée, 8 à 10 ans et donne son meilleur potentiel autour de 5 à 8 ans dans les belles cuvées de Minervois, Languedoc, ou coteaux du Salagou pour ne citer que quelques appellations.

 

Pour les vins de domaines connus, citons le Clos Centeilles, le mas des Chimères, les Terrasses d’Elise, le domaine Ledogar ou le mas de la Séranne.

Voilà de quoi faire un joli tour des vins de Cinsault languedociens ! Il en existe de plus en plus notamment des cuvées dites d’été, aux tannins très légers, souples, que les vignerons conseillent de servir un peu frais, comme le domaine Émile et Rose et sa cuvée les 5 seaux...

 

Ce Cinsault est donc d’actualité avec les chaleurs à venir et un besoin de vins buvables et moins alcooleux en général.

Stanislas ROCHER

par Stanislas ROCHER

OenoConseil, Voyageur dégustateur et Dénicheur de perles.