Nouvelles technologies et vin, comment interviennent-elles ?

Actualités

publié le mardi 17 avril 2018 à 08h00

Nouvelles technologies et vin, comment interviennent-elles ?

Dans quelles proportions la technologie a-t-elle un impact sur les vignes, la vinification et les métiers du secteur ? On ne peut dresser qu'une liste exhaustive que nous vous invitons d'ailleurs à rallonger.

Voici donc quelques exemples dans lesquels la technologie intervient à bon ou mauvais escient.

L'industrie du vin étant contrainte à une demande de plus en plus forte, de nombreuses grandes maisons ont par exemple opté pour le "microbullage" appelé également "micro-oxygénation". Il s'agit du fait de délivrer en continue de très faibles quantités d'oxygène dans le vin pendant l'étape de fermentation. Traditionnellement, la fermentation et le stockage ont toujours eu lieu dans des fûts de chêne naturellement poreux. Il s'agit donc d'une micro-oxygénation naturelle alors pourquoi la technologie ne la simulerait-elle pas ? Ce processus permet d'assouplir certains vins rouges très chargés en tanins en accélérant leur vieillissement. Rien de bien malveillant.

L'inverse existe pour extraire l'alcool d'un vin dont la vinification est terminée. Le vigneron peut ainsi choisir le taux d'alcool qu'il préfère dans son vin. On appelle cette technique "l'osmose inverse". Elle permet également d'extraire l'eau des grains de raisin afin d'augmenter la concentration du vin. Ce procédé est considéré tout de même comme étant violent. Il est préférable de l'utiliser qu'en cas extrême, pour par exemple, réduire les dommages causés sur certaines proportions de vin, le tout étant assemblé par la suite. Les fervents du vin naturel n'utilisent jamais aucune de ces techniques, ces processus allant à l'encontre de leurs convictions et de leur volumétrie.

Aujourd'hui encore, on aime penser au vin en terme de tradition, de châteaux et caves ancestrales usés par le temps mais toujours aussi majestueux sous leurs voûtes de pierres, de vignes à perte de vue et du tout fait main (ou même avec les pieds). Mais pas du tout, on en n'est bien loin justement. Chaque étape de vinification à l'heure actuelle avec des outils hi-tech qui plaisent beaucoup aux français et aux américains. Comme le fameux extracteur de la start up américaine Coravin qui permet à un goûteur-testeur de se servir un verre de vin sans gâcher la bouteille, ni avoir à la débouchonner et ce grâce à une minuscule aiguille qui ne laissera pas pénétrer d'oxygène.

Les français 10-vins, quant à eux, lancent la D-Vine, la Nespresso du Vin où chaque cru se déguste par le biais de fioles. Là encore on rejoint, la dégustation au verre tant recherchée ces dernières années.

Au delà d'une consommation "personnelle", les parcelles de vigne font l'objet d'Oenoview, une technique de photographie par satellite qui permet au professionnel, via différents panels de couleur, d'observer la maturité de ses raisins ainsi que de détecter une déficience ou une maladie à prendre à temps. Il existe même un pistolet qui contrôle la maturité des grains en indiquant leur taux de phénols, ce qui permet d'utiliser les engrais plus stratégiquement et seulement par petites doses là où nécessaire. Et ce n'est pas tout ! On retrouve également le Vitirover qui désherbe au pied des vignes, petit robot rectangulaire et assez plat qui se commande à distance... Il avait même remporté le prix spécial du Grand Prix de l'Innovation 2017.

Aves les interventions de drones en tous genre, il est désormais possible d'identifier tous les types de terroirs différents d'un domaine, de connaître la conductivité de chaque sol, leur nature, leurs besoins, d'optimiser les dates de vendanges... et cela date déjà de plus de cinq ans en arrière sans compter les outils intelligents qui limitent l'oxydation du vin en fût, qui calculent l'optimisation de conservation, les outils de palissage automatique, de tri optique. Oui oui, la vigne se robotise et ça ne date pas de 2018 ! Si certains se disent contre tout ça, les plus récalcitrants utilisent pourtant au moins une de ces innovations. Tant qu'elle n'est pas nocive à l'environnement et qu'on ne tombe pas dans l'oubli du travail de la terre même si la besogne est dure, hasardeuse et parfois capricieuse.

Et vous, que choisissez-vous ?

Elise Aboulkhatib

par Elise Aboulkhatib