Les dégâts dans les vignes sont considérables

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Les dégâts dans les vignes sont considérables

Aucun vignoble n'aura été épargné. Même sans grêle, les vignobles ont été touchés par les fortes précipitations et inévitablement par l'humidité qui cause invariablement les maladies de la vigne dont l'oïdium entres autres. Rien que dans le Bordelais, plusieurs milliers de vignes ont été déchiquetées par les caprices de la météo pour dix minutes de grêle le 26 mai dernier qui ont suffi pour tout tout abîmer, des appellations Côtes de Blaye, Côtes de Bourg, ou encore en Haut Médoc, a précisé Bernard Farges, vice-président du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB). c’est tout le sud de l’appellation qui est touchée. "C’est un visage de désolation, les vignes sont retombées en hiver. On s’est pris un orage Sud Nord, il s’est déversé sur Bourg, Mombrier, Berson, là, je roule sur les feuilles. On arrivait à la floraison. C'est terminé pour cette année. humainement, cela va être très dur : Des propriétés déjà fragilisées par le gel ne s’en remettront pas. il va falloir beaucoup accompagner, et de la solidarité", explique Franck Jullion, président de l'appellation Blaye Côtes de Bordeaux.

Cognac (3 000 à 5 000 hectares touchés), en Charente Maritime, et sur une bonne partie de la Charente, les vignobles ont également beaucoup souffert. En Bretagne ce sont beaucoup de caves inondées qui sont à déplorer mais les pluies ont duré moins longtemps que dans les principales régions touchées. Pour certains viticulteurs, ce sont la totalité de leurs récoltes qui sont détruites.

Puis ce weekend au tour du vignoble de l'Yonne d'être complètement impacté par les dégâts de la grêle et de la pluie, en Amboisie, le vignoble nantais en Loire Atlantique. Avec 38 départements en vigilance orange ces dernières 48 heures, ce sont toutes les régions qui essuient des inondations et autres déferlantes plus ou moins importantes et néfastes.

Mais qui dit orage, dit perturbations climatiques et elles seront de plus en plus fréquentes dans les décennies à venir. Plus les températures augmentent, plus les quantités d’eaux qui s’évaporent de la surface des océans et des continents sont proportionnelles et elles retombent forcément à un moment au gré des courants qui provoquent également des orages de grêle quand les froids et les chauds se rencontrent en altitude.

De même, les hivers sont plus cléments et la végétation bourgeonne plus tôt dans l'année ce qui porte à mal les récoltes lorsque les gelées printanières sévissent même sur une ou deux journées. La prise de conscience est nécessaire pour trouver des solutions pour pallier au réchauffement climatique vers lequel on tend indubitablement et où bon nombre de pays dont la France ont encore à faire leurs preuves en la matière. N'oublions pas les deux gros épisodes de gel l'année dernière en avril 2017 qui a coûté 40% de la récolte bordelaise. Le constat est dramatique car du jour au lendemain tout est à recommencer sans compter les pertes à essuyer.

Si des initiatives anti-gel sont entrain de voir le jour parmi les divers syndicats viticoles, il existe également des moyens de prévention anti-grêle mais leur efficacité est encore à démontrer et leur coût quand même élevé. Tout reste à prouver.

Certains optent pour l'utilisation d'iodure d'argent mélangé à du gaz qui permettent de réduire la taille des grêlons mais l'installation de telles cheminées dans les vignobles revient à 2 000 euros l'une, sans compter le coût des produits qu'on estime à 1 000 euros en moyenne par an. Encore faut-il prévoir bien comme il faut la météo car le dispositif doit être mis en marche au moins 4 heures avant l'éclatement d'un orage de grêle.

D'autres choisissent d'étendre des filets qui protègeraient considérablement du choc des grêlons. Comptez 32 000 euros par hectare pour une durée de 15 ans. Point également positif : les assurances françaises prennent en compte ce dispositif et ouvrent sur une réduction de la prime à l'année.

Reste les canons anti-grêle dont l'efficacité est sans doute la moins reconnue. Là encore, il faut anticiper les risques météorologiques. Le système consiste à envoyer des ondes de chocs dans les nuages qui empêchent les grêlons de se former. Quant à ceux qui le seraient déjà, rien à faire, le mal sera fait quand même...