La Chine à la conquête du vin

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publié le lundi 09 avril 2018 à 08h00

La Chine à la conquête du vin

L'histoire de la viticulture en Chine n'est pourtant pas nouvelle, elle remonte à plus de 7000 ans avant notre ère. Mais si les cépages traditionnels sont peu nombreux compte tenu des quatre régions principales qui se distinguent par leurs particularités géographiques (Hebei, Shandong, Ningxia et Xinjiang), vous connaissez peut-être l'Oeil de Dragon en tant que cépage blanc, le raisin de montage, le Beimei et le Yantai entre autres. 

Mais dans leur quête du monde, bon nombre de cépages internationaux dont la plupart français, se sont exportés chez le géant asiatique. 

Outre les hommes et femmes d'affaires, la classe moyenne a vécu un sacré tournant économique ces dernières années et s'est sensibilisée à la consommation du vin. Rien qu'en terme de consommation au vu de sa population, la Chine est devenu le leader mondial importateur de vin en très peu de temps. Si les campagnes restent encore peu touchées par le phénomène, les grandes villes comme Pékin, Guangzhou, Shenshen et Shanghai sont évidemment les acteurs principaux de cette nouvelle vague. La classe d'âge est également à 40% plus jeune (18-30 ans) contrairement à la France par exemple, où l'on vient plus tardivement au vin. On compte aujourd'hui plus de 48 millions d'amateurs de vin dans le pays et les chinois ont bien compris que l'image et le marketing avaient bien évidemment toute leur importance et tous les coups sont alors permis ! L'histoire viticole et la démocratisation très différentes en Chine et en France y sont aussi pour beaucoup avec sans doute moins de préjugés vis à vis de la dégustation chez nos homologues asiatiques. Quoique cela relève bien entendu des experts dans le domaine.

Mais si les femmes ont réussi à toucher tous les secteurs et du coup autant de vins blancs que de rouges alors que c'était, pendant très longtemps, le vin rouge qui dominait dans le pays en tant que symbole patriarcal. Mais la France ne demeure pas le premier exportateur et ceci au détriment des pays du nouveau monde qui arrivent à être plus compétitifs en terme de prix sans que la qualité en pâtisse pour autant.

Sur leur propre territoire, la Chine a le potentiel pour produire ses propres vins mais la qualité n'est pas encore suffisante pour prétendre faire partie de la nouvelle donne mais la machine est en marche et c'est seulement une question de temps. La conquête sera déjà nationale avant de pouvoir s'aligner sur les concurrents étrangers. Pour ce faire, le gouvernement et investisseurs étrangers ont répondu à l'appel afin de mener à bien une politique de qualité dans la viticulture et la vinification de leurs précieux millésimes locaux.

Du coup pour l'instant, c'est la part belle aux exportations pour nos vignobles et les autres et ce n'est pas quelque chose qu'on va se refuser.

Néanmoins, de jolies petites pépites pointent déjà le bout de leur nez et sont reconnues sur la carte mondiale du vin et de ses vignobles. Petit à petit les viticulteurs aussi bien hommes que femmes font émerger de jolies cuvées et des terroirs que même certains chinois ne connaissaient pas eux-mêmes. Le travail pédagogique est donc bien en branle et les sites marchands exportateurs y sont pour beaucoup dans cette nouvelle consommation dédiée à l'éveil des sens. Ceux qui n'y croyaient pas encore vont décidément être surpris !

Elise Aboulkhatib

par Elise Aboulkhatib