A la découverte de l'appellation Catalane, Priorat

Vins étrangers

publié le samedi 15 décembre 2018 à 08h00

A la découverte de l'appellation Catalane, Priorat

Une fois n'est pas coutume, voici un peu d'explications sur une région qui a connu un renouveau fin des années 90 et début 2000.

Il s’agit d’un petit coin de Méditerranée entre la mer, située à une trentaine de kilomètres, et la montagne.

 

Les parois de calcaires sur les hauteurs façonnent le paysage. Ici tout est cailloux blanc ou noir et sec.

Nous sommes en Catalogne au sud, vers Tarragone. 

On y a planté il y a longtemps des Carignan, des Grenache et Lledoner Pelut.

Depuis, le Cabernet, le Merlot et la Syrah ont rejoint l’encépagement du Priorat et de Montsant.

Les blancs sont en Grenache blanc, Macabeu, Pedro Ximenez et Chenin.

La proportion est indécemment rouge avec 96% des surfaces plantées !

 

Occupons-nous du Priorat, et de ses schistes, une terre aride et pentue. C’est surprenant, avec amandiers et oliviers pour compléter le tableau.

Les sols sont d’origine volcanique et plutôt à tendance acide et pauvres.

La surface de l’appellation est de 1600 ha plantés en vignes sur des terrasses parfois vertigineuses. Comme pour beaucoup de vignobles il a quasiment disparu par suite du phyloxéra.

C’est en 1954 que la DOQ , équivalent de nos AOC, est créé et que les replantations commencent.

 

 

 

Les villages de Falset au centre et Gratallops ont depuis quelques années conquis le monde entier grâce à des vieilles plantations, éparpillées de droite et de gauche. On peut faire pas mal de kilomètres pour aller d’un domaine à l’autre sans voir beaucoup de vignes.

Petites vallées, sols d’ardoises ou de schistes, les licorella, murs de pierres sèches pour soutenir les vieilles vignes en gobelet, on est clairement en méditerranée.

Depuis les néo-arrivants ont modifié et arasées les montagnes pour mettre les vignes sur fil de fer, dommage ! Idem avec l’arrivée de la Syrah ou du Cabernet Sauvignon.

On pardonnera les erreurs de jeunesse car ici les vins de cépages autochtones sont profonds et minéraux à souhait.

 

Les notes de graphite et d’encre de chine, encre de seiche sont tellement présentes qu’il est difficile de trouver meilleure description pour la minéralité dans les vins rouges que ces vins catalans.

 

Les précurseurs de l’appellation s’appellent Alvaro Palacios, René Barbier (père), Daphné Glorian (Vidéo dans laquelle Daphné apparaît)

Auparavant les coopératives dominaient, et on doit beaucoup à Carles Pastrana, René Barbier et Alvaro Palacios pour leur implication première.

 

A la fin des années 80 René Barbier convainc d’autres vignerons de se joindre à lui pour mettre en valeur le terroir et les clos : Erasmus, Mogador, Dofi, Martinet, et l’Obac.

A l’époque seuls 600 ha étaient plantés. La réputation des vins augmenta rapidement, ainsi que les surfaces plantées. Les 5 vins seront vinifiés ensemble lors des 3 premières années de 89 à 91, puis séparément.

Certains d’entre eux obtinrent des 100/100 au wine advocate ce qui fera exploser leurs prix. L’ermita ou le Clos Erasmus sont de ceux-là.

 

 

Le village de Gratallops

 

Outre les historiques dont j’ai déjà parlé, on recherchera aujourd’hui les vins de domaines moins connus pour déguster à petit prix, comme le Cims de Porrera. 

Mais la liste est assez variée entre le terroir al limit et ses vins quasi sans souffre : les vins de Luis Llach ancien chanteur Catalan, mas alta, mas doix, coma vella, etc...

Et surtout les vins de l’appellation voisine de Monstant sont tout aussi intéressants car la surface est plus grande et les tarifs un peu moins élevés.

 

Recherchez les vins sans trop de bois et avec des assemblages typiques, Carignan et Grenache.

Stanislas ROCHER

par Stanislas ROCHER

OenoConseil, Voyageur dégustateur et Dénicheur de perles.