Viticulture raisonnée, bio, biodynamique : c'est quoi ?

Le pourquoi du comment

publié le jeudi 27 septembre 2018 à 08h00

Viticulture raisonnée, bio, biodynamique : c'est quoi ?

 

Par Jean-Sébastien Guillaume

 

La viticulture est une activité où les pratiques diffèrent. L’enjeu y est le vin que l’on boit et produit, le respect de la vigne, des sols, le vivant et les conditions de travail du vigneron. L’utilisation des produits chimiques a modifié les pratiques viticoles. Dès 1930, le courant de ce qu‘on n’appelait pas encore la bio, oppose au tout chimique une alternative respectueuse de la nature, des sols, des terroirs et des hommes. Aujourd’hui divers labels, chartes, certifications coexistent. A côté de pratiques dites « conventionnelles », on évoque largement les pratiques raisonnée, biologique et de biodynamie. Mais de quoi s’agit-il exactement ?

 

L’approche Raisonnée 

 

 

L’agriculture raisonnée est un mode de production qui vise à une prise en compte contrôlée de l’environnement par ses exploitants. Ses principes consistent au respect global de l’environnement, à la maîtrise des risques sanitaires, la santé et la sécurité, au bien-être des hommes et des animaux. Plus que la vigne, c’est l’ensemble de l’exploitation viticole qui est certifiée et comporte 3 niveaux :

 

  1.  Le respect des exigences environnementales de la conditionnalité et évaluation.
  2.  Le respect du référentiel comportant 16 exigences efficientes pour l’environnement. Un patch de l'association "Terra Vitis" ou ses équivalents, peuvent être apposé sur la bouteille.
  3. Seule qualifiée de « Haute Valeur Environnementale ». Elle se fonde sur des indicateurs de résultats relatifs à la biodiversité, la stratégie phytosanitaire, la gestion de la fertilisation et de l’irrigation.

 

L’approche Biologique

 

 

Son émergence démarre en 1940. La viticulture biologique a pour objectif la non-utilisation des produits chimiques synthétiques dans le vignoble. Elle restreint ou interdit l’usage de pesticides, herbicides, fongicides et engrais de synthèse en les remplaçant par des plantes, minéraux, pour combattre les insectes nuisibles, les maladies comme le mildiou, l’oïdium. En France, 17 % des vignobles sont en bio ou en conversion. Le logo AB, puis la feuille à 12 étoiles (certification viticulture & raisins bio) font office de deux certifications en Europe depuis 2012. Dans ce groupe, deux chartes sont plus exigeantes que la Charte européenne : Nature & Progrès et Bio Cohérence.

 

L’approche biodynamique

 

La biodynamie est développée par le penseur R. Steiner (1861-1925) dans les années 1920 dans son « Cours aux Agriculteurs ».

Elle est une forme de l’agriculture biologique et il est nécessaire d’être certifiée en agriculture biologique pour passer en biodynamie. Forme holistique de la viticulture, elle appréhende le vignoble comme partie prenante du Cosmos. Terre, lune, planètes, soleil sont de gigantesques corps de matières exercant une force sur la matière et donc sur la vigne. Fondée sur des pratiques traditionnelles, la biodynamie prévient plus qu’elle ne soigne.

Les préparations naturelles à bases de plantes, de minéraux ou de fumures sont utilisées pour stimuler la vie microbienne et renforcer le système immunitaire des plantes. Bouse de corne, pulvérisations de silice sont quelques exemples de préparations de la biodynamie.

 

De nombreux domaines prestigieux ont adoptées la biodynamie comme pratique de viticulture (Romanée-Conti, Coulée de Serrant, Château Palmer, etc..).

Les labels ou groupes de vignerons en France sont : Demeter, Biodyvin, Renaissance des Appellations.

Jean-Sébastien Guillaume

par Jean-Sébastien Guillaume

Vigneron breton