De Maraussan, 1ère cave coopérative viticole de France, aux Vignerons du Pays d’Ensérune

Le pourquoi du comment

publié le mercredi 17 juillet 2019 à 08h00

De Maraussan, 1ère cave coopérative viticole de France, aux Vignerons du Pays d’Ensérune

 

 

« On n’avait pas l’écrin conforme à la qualité de nos vins », lance Emilie Cazor, adjointe de direction et responsable des caveaux de la cave des Pays d’Ensérune.

« On voulait sortir de l’image des petits vins pas chers des caves coopératives, casser ces préjugés. »

 

C’est pourquoi les Vignerons du Pays d’Ensérune (VPE), grosse cave coopérative née de la fusion, en 1995, de 8 caves* des environs de Béziers (Hérault), dont la cave « historique » de Maraussan ; a investi sur le caveau de Nissan-lez-Ensérune (au sud-ouest de Béziers).

L’un des deux sites de production de VPE, avec Cazouls-lès-Béziers, au nord-ouest de la cité biterroise.

Le berceau de la coopération viticole, Maraussan, dont la façade (où est inscrit ce fameux slogan, digne des Mousquetaires : « Tous pour chacun ; Chacun pour tous »), classée aux Monuments historiques, est devenue le siège de VPE.

Destiné « à mettre en avant nos vins », indique Emilie Cazor, le caveau, qui cible « la clientèle de proximité et les touristes de passage » (NDLR : Nissan-lez-Ensérune se situe à quelques kilomètres du littoral, très touristique l’été) a été inauguré ce samedi 29 juin. « Accolé à la cave historique de Nissan-lez-Ensérune, qui date de 1936, le caveau comporte à peu près 100 mètres carrés d’espace de vente.

Dans ce nouveau lieu, nous développons des animations oenotouristiques, initiation à la dégustation, nocturnes avec musique et food trucks, expositions temporaires sur le vin, accueil des œuvres d’artistes locaux. »

 

 

Le difficile cap de la fusion

 

Suite à la fusion des 8 caves, VPE compte aujourd’hui 600 adhérents. Ils cultivent un peu plus de 3000 ha de vignes, pour une production de 230 000 hectolitres de vin et un chiffre d’affaires de 18 millions d’euros en 2018.

Les vins IGP Pays d’Oc (à indication géographique protégée), « avec une belle particularité en IGP Coteaux d’Ensérune », se taillent la part du lion de la production.

La cave produit 2 à 3% d’AOP (Languedoc, Saint-Chinian) , et du vin en entrée de gamme. « L’une de nos particularités est d’être le plus gros producteur de Sauvignon dans l’Hérault, avec aussi beaucoup de Chardonnay, sans oublier le Vermentino, la Marsanne, le Muscat sec.. », souligne Emilie Cazor.

Le modèle économique de VPE a été d’adhérer à l’Union des Vignobles Foncalieu (qui compte parmi les 20 premières caves coopératives viti-vinicoles par le chiffre d’affaires en Occitanie : 54 ME en 2016, siège à Arzens, dans l’Aude). Foncalieu, à qui VPE vend le vin en vrac, se charge de le conditionner et le mettre en marché.

« Une fusion laisse toujours des traces, car les coopérateurs sont très attachés à leur coopérative », analyse Emilie Cazor.

« Mais avec le temps, on a retrouvé de la sérénité. On a accompagné les coopérateurs au vignoble. La fusion nous a permis d’avoir un outil innovant. En 2017, nous avons investi 10 millions d’euros sur la cave de Cazouls-lès-Béziers. On a repensé complètement la cave. Nous avons changé nos process de vinification pour aller chercher plus de fruit, plus de rondeur, plus de profils aromatiques. On a investi dans toute une chaîne de macération pré-fermentaire à chaud. »

Pour elle, tous ces efforts, techniques, humains, ont payé. « On s’y retrouve aujourd’hui au niveau des prix de nos vins. On arrive à installer des jeunes. »

 

·         (*) Maraussan, Cazouls-lès-Béziers, Nissan-lez-Ensérune, Capestang, Cazedarnes, Puisserguier, Lespignan, Montady.

Catherine VINgtrinier

par Catherine VINgtrinier

Journaliste, rédactrice passionnée de tout et de vin.