Renato Corino : des vins modernes à découvrir

Vins étrangers

publié le samedi 13 octobre 2018 à 06h00

Renato Corino : des vins modernes à découvrir

 

Courant Juin, traversons les Alpes et faisons un stop dans les magnifiques collines des Langhe, autour d’Alba.

 

Direction la commune de La Morra, chez Renato Corino.

 

Renato est occupé avec des locaux qui boivent un verre au domaine qui domine l’Annunziata, la vue est splendide !

C'est sa fille Chiara qui me reçoit.

 

 

Nous sommes fin Juin, il fait chaud, et les travaux à la vigne occupent nos vignerons, mais l’accueil est toujours aussi fabuleux dans cette région.

 

Le domaine se situe sur le cru Arborina, que Ratti, un autre Renato du même village, a classé en 1er cru. Un peu moins que le Rocche, mais il s’agit tout de même d’un très beau vignoble.

Précisons qu’il s’agit d’un domaine dit moderniste dont les vins sont passés en fûts en partie neufs.

Je connais un peu moins ce genre de vignerons, cela permet un comparatif sérieux puisque je passe chez 3 vignerons de la Morra dont 2 traditionnels et un moderne.

 

Nous attaquons rapidement avec les 2017, passés uniquement en cuve.

Dolcetto, très frais et agréable.

Barbera très bonne, un peu primeur, mais sur le bon côté du primeur.

Une très belle Barbera aux notes primeurs et végétales, à la bouche souple et fraiche, très bon vin, bon rapport qualité/prix sur place évidement.

 

Puis viennent les 2016, Dolcetto et Barbera, puis Barbera Superiore, issu de 2 vignes, Pozzo et Santa Maria.

Puis le Langhe Nebbiolo de Mezza d’Alba.

 

Coup de coeur au Dolcetto 2016 qui a gommé ses soucis de jeunesse, le nez est sur le fruit noir, l’olive, la tapenade, en bouche il y a une belle matière bien extraite, de la rondeur, le tout bien équilibré entre acidité et tannins. Très Bon, rapport qualité prix

 

La série des Barolo, commune de la Morra en 2014, vignes de 20 ans, finement boisé, sapide, tendu et bien structuré, encore bien boisé à ce stade. Bon vin « communal » à attendre 5 à 6 ans je pense. Bien+

 

Le Cru Arborina 2014, vignes de 1968, exposé au sud est sur des argiles, plus concentré au nez, un peu sur le fût.

La bouche en revanche est peu marquée, tendue, très franche, grande tension et fraicheur dans ce vin, finale légèrement boisée et caramélisée. C'est un très joli vin, très long, à oublier un peu mais ce sera le coup de cœur Barolo du domaine.

 

Rocche 2014, exposé SO, sols de sables, bouteille bizarre, un peu bouchonnée ou boisée, à regoutter ailleurs, plus tard.

 

Retenons que l’ensemble de la gamme est très homogène. Une discussion profonde sur l’avenir et le passé de cette région avec la jeune Chiara. Avec son frère elle voit un avenir plus vert et plus Bio pour l’ensemble du domaine. Un grand respect du travail monumental du papa, car il fait partie de la génération qui a redonné ses lettres de noblesse au Cru, au village etc...

Je suis peu habitué aux vins dits modernes, mais j’avoue qu'après Ratti en 2017, puis Corino et quelques vins dégustés à Grandi Langhe, je pense revoir ma copie.

Le travail est beau et les vins très cohérents en général.

Des prix plutôt compétitifs d’ailleurs chez chacun des vignerons visités.

 

Nous visitons ensuite les chais et le bas de l’exploitation, il y fait frais. On voit les nombreux investissements réalisés autour de ces maisons perchées sur les collines. Nous rencontrons le frère de Chiara, qui est un bon cycliste et nous parle un peu de sa seconde passion après le vin.

La discussion semble ne plus en finir et nous décidons de nous tenir au courant pour une séance d’Escalade à mon prochain passage.

Finalement le vin mène à tout !... même au sport.

J’ajoute que ce n’est absolument pas incompatible avec la gastronomie, mais surtout des rencontres passionnantes.

Stanislas ROCHER

par Stanislas ROCHER

OenoConseil, Voyageur dégustateur et Dénicheur de perles.