Dans la série les vins de montagne : la Savoie

Vins de région

publié le mercredi 02 janvier 2019 à 08h00

Dans la série les vins de montagne : la Savoie

Savoie(s).

Soyons honnête, le vignoble de Savoie est assez peu connu et très souvent mésestimé (à qui la faute ?).

Les choses évoluent cependant comme pour d’autres régions viticoles, les qualités tant réelles que ressenties progressent.  

 

Quand on parle de Savoie les multiplicateurs s’échauffent, environ 2100 hectares (finalement assez peu) sur 4 départements (Savoie, Haute- Savoie, Ain et Isère).

20 dénominations géographiques dont certaines bénéficient d’une réelle notoriété : Ayse, Crépy, Marignan, Ripaille, Marin, Frangy, Seyssel, Chautagne, Marestel, Jongieux, Monthoux, Monterminod, Saint Jeoire du Prieuré, Apremont, Les Abymes, Chignin, Chignin Bergeron, Montmélian, Arbin, Cruet, Saint Jean de la Porte, Crémant de Savoie.

 

 

Si nous voulions continuer les listings nous ajouterions les 25 cépages autorisés mais nous nous limiterons aux principaux utilisés dans l’aire d’appellation vignoble de Savoie : Gamay, Mondeuse et Pinot noir pour les rouges ; Jacquère, Mondeuse et Altesse pour les blancs.

Alors que les origines de ce vignoble remontent à l’antiquité (des pépins fossilisées remontant même au néolithique ont été retrouvés) son évolution a fortement été conditionnée par l’histoire. 

Un peuple gaulois (les Allobroges) est cité pour ses qualités techniques.

Vient ensuite le rôle de l’église (notamment les cisterciens) qui développe les plantations en crosse, c’est-à-dire autour d’un arbre, et s’en suit une forte période d’expansion entre le 16ème et l 18ème siècle avec des plantations moins en altitude pour monter jusqu’à 1000 mètre (contre 500 actuellement).

La progression étant, en 1559 un édit du duc Emmanuel Philibert « le ban des vendanges » favorise  une récolte des raisins à bonne maturité.

La révolution favorisa ensuite l’accès à la propriété de métayers.

Plus récemment, alors que les structures étaient organisées sur une mode de polyculture, quand les dénivelés et les altitudes le permettaient (et/ou l’imposaient), les exploitants ont progressivement privilégiés les cultures céréalières et l’élevage (ce dernier se réduit également considérablement).

 

Il est de plus à noter depuis quelques décennies la pression foncière et immobilière dans les zones périurbaines.

 

Le vignoble, sa climatologie et sa topographie n’en faisant pas un des plus faciles à travailler et ne bénéficie actuellement d’un engouement de la part des primo-accédant ou néo-vignerons.

Certains vignerons réintroduisent et replantent des cépages rares et/ou anciens (persan, gringet, veltliner…), sortis du marché durant les temps forts d’un productivisme à-même d’épancher la soif des consuméristes occupants de stations de skis…

 

La diversité des terroirs, cépages est telle qu’il n’existe pas un, mais des vins de Savoie.

Les viticulteurs et interprofessions doivent bien évidement promouvoir leurs histoires, cultures et savoir-faire, mais les clients et amateurs doivent aussi de leur côté arrêter d’automatiser un rapport vin de Savoie/raclette, tartiflette et fondue.

Bien évidemment ces accords sont merveilleux de réussite mais tenter des accords gastronomiques et contextuels autres permet d’en découvrir les potentiels et d’atteindre des sommets gustatifs.

 

Des pépinières en circuits courts.

Alors que, comme nous l’avons vu le vignoble de Savoie réduit progressivement, le département de la Savoie est le 2ème en production de pépinière viticole (dont la moitié part en Champagne).

Cette activité développée post phylloxéra se localise dans la Combe de Savoie.

Pour en savoir plus : http://www.vindesavoie.net/

Crédits photos : vindesavoie.net 

 

La vigne sous la plume

par La vigne sous la plume

Structure de production événementielle basée à Lyon