Sur le fief indépendant de la cave de Montpeyroux, flotte le drapeau de la qualité

Le pourquoi du comment

publié le mercredi 24 juillet 2019 à 08h00

Sur le fief indépendant de la cave de Montpeyroux, flotte le drapeau de la qualité

 

« Je suis un militant de la démarche coopérative », revendique Bernard Palissé, directeur de la cave de Castel Barry, coopérative artisanale à Montpeyroux (à l’ouest d’Aniane, Hérault).

 

« La cave coopérative est un modèle économique qui permet le projet collectif dans un monde individualiste. Elle est a-capitalistique, mutualiste, solidaire. Elle appartient à ses adhérents. Lorsqu’on fait du profit, on redistribue aux coopérateurs, en fonction des volumes et des cahiers des charges. »

 

Dans un bureau avec vue sur la cave, bâtie en 1950 et dénommée alors « Les Coteaux du Castellas », Bernard Palissé, l’artisan du nouveau nom de la cave mais aussi de son cap, retrace cette aventure humaine.

Parce que « au XXIe siècle, être une coopérative a du sens », il engage, en 2011, un travail sur l’histoire de la coopérative.

 

« Il fallait retrouver du lien social et rendre cette histoire à ses adhérents pour mieux préparer l’avenir. Insister sur notre responsabilité de pérenniser l’action engagée », insiste le directeur.

 

Pour cela, il fait appel à Marie-Ange Lasmènes, ethnologue, et Alain Tendero, photographe. Le livre Au cœur des vignes, les hommes se racontent… Mémoire sociale de la cave coopérative de Montpeyroux paraît en 2014.

 

 

Située en contrebas du Castellas, un château d’avant l’an mil, la cave de Montpeyroux est comme le phare de ce terroir d’exception, connu de longue date pour la qualité de ses vins. « Il fait naître des vins fruités, épicés, avec toujours de la fraîcheur en bouche », observe Bernard Palissé. À proximité du Larzac, à une altitude allant de 140 à 280 mètres, ce terroir est aujourd’hui classé en Montpeyroux, AOP Languedoc.

Un dossier a été déposé il y a déjà dix ans pour décrocher une AOP communale.

 

« Le livre a permis de resserrer les liens. Depuis, nous nous sommes engagés dans la certification RSE (Responsabilité sociale des entreprises), et nous sommes, depuis 2017, Vignerons en développement durable. Nous sommes la seule cave de l’Hérault à l’avoir obtenue. » Sur les 500 ha cultivés par les 110 vignerons, 80% de la surface est certifiée en agriculture raisonnée Terra Vitis, 10% en bio et le reste en conventionnel.

 

Absolument indépendante, Castel Barry décide seule de sa politique de commercialisation.

Les 25 000 hl de production annuelle en moyenne (68% rouge, 30% rosé, 2% blanc), dont 60% en AOP et 40% IGP Saint-Guilhem Le Désert sont écoulés « pour 32% à l’export, 28% au négoce, 16% en vente directe, 12% grande distribution, 10% grossistes et cavistes et 2% café, hôtels et restaurants. »

 

Rien ne pourrait faire changer de modèle à Bernard Palissé :

 

« La production de la cave est propre au niveau environnemental, équitable au plan social et viable du point de vue économique. »

 

Pour lui, la coopé est loin d’avoir dit son dernier mot.

 

 

Catherine VINgtrinier

par Catherine VINgtrinier

Journaliste, rédactrice passionnée de tout et de vin.