Stella, l'étoile du Brunello

Au fil des rencontres

publié le samedi 22 septembre 2018 à 08h00

Stella, l'étoile du Brunello

 

Dans la série des grands vins et vignerons, j'ai visite en septembre 2017 un domaine exceptionnel du sud de la Toscane, niché au fond de l'appellation Brunello di Montalcino.

 

A la fin des vinifications et vendanges, je rencontrais Stella et son équipe à San Giuseppe. Il s'agit d'un petit lopin de terre d'un peu plus de 5ha, idéalement situé avec en toile de fond Orcia puis le

Monte Amiata.

 

 

L'azienda a des voisins prestigieux, comme Poggio di Sotto.

Une grande quiétude se dégage de ce lieu.

Stella di Campalto n'est pas encore arrivée, c'est donc une jeune collaboratrice qui m'accueille et s'excuse de n'être que depuis 3 mois au domaine.

Nous débutons la visite, elle, avec un anglais approximatif et moi un italien qui l'est au moins autant. Puis Stella nous rejoint, et nous attaquons donc la dégustation et l'explication complète.

 

Nous allons déguster les foudres avec quelques parcellaires de 2016 pour commencer. Ce qui me frappe en premier lieu c'est l’extrême facilité avec laquelle se goûte des vins jeunes en cours d’élevage.

 

6 Parcelles différentes, des sols variés, quartz, argile.

 

Nous dégustons donc un assemblage de Bosco, Pinzo et lecchio, très aromatique, à peine boisé, , la bouche est ronde, souple et douce (Élevé en foudres).

 

 

Nous dégustons ensuite le Sasso, nez fumé, un peu réduit, minéral, bouche acidulée, serrée, bon fruit, élégant en finale. (Élevé en foudres).

 

Puis c'est au tour du Bassa : le nez est fruité, en bouche c’est fougueux et doux à la fois, belle acidité également. (Élevé en foudres).

 

Nous dégustons des vins issus des parcellaires, en foudres, puis nous irons ensuite gouter des jus, lors des décuvages.

Nous rencontrons son chef de cave, qui s'occupe également des vignes, cuverie de poche, un peu de gravité, peu de pompes, très propre, on intervient assez peu à San Giuseppe, une pointe de souffre en fin de malo, puis à la mise.

 

 

Direction l'étage, vu sur le sud, ciel bleu, un vent salvateur, et voici les vins à déguster en bouteilles.

 

Nous commençons par un Brunello 2015 : Nez de fruits rouges, fin et élégant, très joli. Belle attaque en bouche, fraiche et on garde beaucoup d’élégance.

 

C'est ensuite un Rosso 2012 : Explosion florale au nez, légère oxydation, pas désagréable c'est le cépage plus le style maison. En bouche c'est très délicat, hyper fruité, élégant et velouté, doux et presque sucré, beaucoup de fraicheur et d'acidité se mêlent a des tannins très souples. Quel vin !

C'est le second qu'est ce qui m'attend avec le brunello ???

 

Brunello 2009 : on retrouve ce nez de potpourri, plus marqué par l'évolution, mais bon sang c est explosif, et complexe avec des notes balsamiques et légèrement torréfiées, en bouche on retrouve du chocolat du toffee, du gras, des tannins fondus. . C'est assez mûr. Attention à l’évolution, pas trop alcool vu le millésime. Bon dès maintenant, ça pourra bien entendu encore vieillir. Belle bouteille.

 

Je reste 3h au domaine, peut-être un peu plus. Nous échangeons sur bien des points.

Le parcours de Stella est assez improbable puisque non vigneronne, romaine, d'ascendance noble, rien ne la prédestinait à cet avenir vigneron.

Dès le début, des choix marqués comme la biodynamie, et donc de petits rendements, et un fonctionnement rationalisé s'imposent.

 

L'histoire de son installation grâce à sa famille, et la suite sont passionnants, autant que ce terroir de Brunello oublié des hommes puis béni comme de nombreux autres grâce à la pugnacité de quelques-uns.

Stanislas ROCHER

par Stanislas ROCHER

OenoConseil, Voyageur dégustateur et Dénicheur de perles.