Le Château des Orliac de Labastide, une reconnaissance historique et qualitative

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Le Château des Orliac de Labastide, une reconnaissance historique et qualitative

Catherine et Isabelle Orliac produisent avec passion des vins du Sud Ouest dans le Lot et Garonne. Par la qualité de leur vin, elles viennent de conquérir les Etats-Unis. Parallèlement elles affinent le travail de la vigne, plantent de nouveaux cépages, participent à l'agroforestation du domaine. Leur savoir-faire est reconnu par d'autres propriétaires qui s'entourent de leur conseils. Surnommées les "deux soeurs d'Aquitaine", elle s'attachent à redonner toutes ses lettres de noblesse à leur vin, issu de l'héritage de la royauté française et qui était tombé dans l'oubli suite aux affres de la Révolution. Afin d'en savoir plus sur leur travail, Isabelle Orliac a accepté de répondre à nos questions.

Winameety : Votre domaine et votre famille n’ont depuis longtemps plus à prouver leur bel héritage royal, comment faîtes-vous pour faire perdurer la valeur historique du passé ?

Isabelle Orliac : Nous nous attachons à être présentes à Versailles sur des fêtes historiques, à en informer la presse. Nous participons également participer aux 6 Jours de Garonne pour garder le lien avec le fleuve et continuer à faire vivre l’histoire.

W : Vous n'êtes pas nombreux à travailler en AOC Brulhois, quelle est la typicité de votre terroir ?

I.O. : Non, effectivement. Nous sommes trois indépendants et une coopérative à produire du Brulhois. Nous sommes les seuls producteurs rives droite de la Garonne. Ce sont le sol et le climat qui donnent à notre vin ce charnu, sa couleur soutenue et ses qualités de vin de garde.

W : Vous travaillez aujourd’hui sous le label Haute Valeur Environnementale, qu’est-ce que cela signifie ?

I.O. : La haute Valeur environnementale préserve aussi l’équilibre de la biodiversité. Nous avons planté beaucoup d’arbres et de buissons pour que la faune niche dans cette végétation et nous débarrasse des nuisibles. Par exemple, les chauve-souris mangent les insectes à l’origine du vers de grappe qui fait pourrir le raisin, cela nous évite de traiter avec des intrants chimiques. Ensuite nous demandons un autre label qui est Eau et Climat, qui sont deux éléments à gérer pour la vigne. Une plante forte et bien portante, bien nourrie est naturellement plus résistante. Ce qui est en même temps un parallèle évident avec l’homme.

W : Conservez-vous des méthodes ou des outils ancestraux dans le travail de la vigne ou du domaine en général ?

I.O. : Oui il nous arrive de travailler à cheval mais nous n’avons pas assez de force animale pour le moment. Pour 10 Hectares il faut une véritable écurie. Il existe depuis peu un outil léger, solaire qui travaille le sol comme l’homme, il bèche à la place de l’homme et ne génère aucune pollution.

W : Pour vous personnellement, qu’est qui est prépondérant dans la gestion d’une exploitation ?

I.O. : D’abord il faut aimer ce métier, quant on aime on ne compte plus, ni les efforts, ni la raison, on donne toute son âme à ce métier, on se laisse avaler. Ce sont des règles de gestion que ne connaissent pas les banques ou les économistes. Quant aux contraintes, elles sont quotidiennes et c’est le temps, la pousse, le climat, qui nous contraignent tous les jours à prendre soin de la vigne pour qu’elle donne le meilleur d’elle-même. En ce qui concerne les risques : ils sont importants et graves, il n’y a qu’a voir en ce moment les orages qui dévastent des vignobles. C’est le poème de R. Kipling : "voir son œuvre dévastée en un instant et se remettre à l’ouvrage".

W : Quelle est votre plus grande fierté vinicole ?

I.O. : Notre Fierté vinicole est d’être remarquée par les grands dégustateurs de ce monde et de voir qu’ils prêtent attention à ce petit vignoble du fin fond du Sud-Ouest. Avoir la reconnaissance historique et qualitative est une réelle satisfaction également.