Grégory Vacquin : "Je revendique être hors norme"

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Grégory Vacquin : "Je revendique être hors norme"

Hier, nous avons fait la connaissance de Grégory Vacquin, du domaine éponyme qui se situe proche de Banyuls-sur-Mer (66). Son regard atypique et sa passion pour le vin qu'il produit nous ont véritablement séduits surtout qu'il fait tout de a à z, de la vinification à la production, en passant par la commercialisation de ses vins et le design "hors norme" de ses étiquettes, qu'il revendique à son image !

Il démarre son activité de viticulteur en 2000 en cave coopérative, trois à l'époque, avant d'apprendre sur le tas, le métier de vigneron auprès de deux personnes âgées, désireuses de communiquer leur savoir-faire ancestral.

En 2015, il vinifie son premier vin, dans un but uniquement ludique tout en enregistrant dans les règles son activité. Puis, dès 2016, il commercialise ses premières bouteilles (10 000) en étant toujours en cave coopérative sur 6 hectares d'exploitation. S'il produit des vins secs et des vins doux naturels propres au terroir de Collioure et de Banyuls, il n'a pas souhaité être contraint par le cahier des charges des deux appellations, préférant laisser ses vins s'exprimer sans étiquette... Il est d'ailleurs fier de produire des "vins de France" en "vendanges tardives", un des seuls de la région à fonctionner de cette manière. Contrairement aux autres vignerons qui vont commencer à vendanger à la fin de l'été, Grégory laisse ses raisins vieillir jusqu'en octobre (vins doux) afin que les grains soient bien gorgés de sucre. S'il s'agit bien évidemment de vins mutés, aucune eau de vie n'est ajoutée à la vinification, contrairement aux vins de Collioure et de Banyuls qui subissent un arrêt de fermentation avec ajout d'alcool. Le fait de travailler en vendanges tardives donne naturellement un fort taux d'alcool (entre 16° et 18°C au départ) et la fermentation se stoppe d'elle-même sans recours extérieur.

Sucrés et très corsés, telle est la typicité des vins du Domaine Vacquin et les adeptes de ses crus y prennent goût mais sont à chaque fois surpris car ses vins ne ressemblent à aucun autre cru. Rien qu'au visuel de ses bouteilles qu'il réalise lui-même, ainsi que son logo (qui correspond au tatouage qu'il a dans le dos), Grégory a en effet de nombreuses anecdotes à nous faire part.

Nous avons nous aussi été surpris et charmés par son guépard pour illustrer son vin rouge "Sauvage". Pourquoi une bête sauvage ? Tout simplement parce que la parcelle de vigne dont est issu ce vin est restée à l'état sauvage depuis que l'un de ses mentors lui en a fait don. Après l'avoir taillée, sans la débroussailler, ni la soumettre à aucun traitement chimique, Grégory était persuadé que le raisin qui y pousserait ne serait ni beau, ni bon, ni productif et c'est avec surprise que de superbes grappes ont pourtant vu le jour. Il a donc décidé de laisser la vigne dans son état de jungle et l'idée du guépard sur l'étiquette n'était alors plus qu'une évidence. Comme quoi les vignerons sont des artistes aux multiples facettes !