A la rencontre de la coopérative Kurtasch

Au fil des rencontres

publié le samedi 27 octobre 2018 à 08h00

A la rencontre de la coopérative Kurtasch

Fin des vendanges en SudTyrol, de belles journées d’Automne, nuits fraiches, journées ensoleillées.

 

 

On sent les vignerons relâchés. Pour terminer mon passage éclair dans les dolomites, je vais visiter une de ces grandes coopératives au talent incontestable de par le monde suite à une rencontre amicale avec Martin rencontré aux Jorasses.

Le directeur marketing Harald Arbeit prend quelques minutes pour me faire découvrir avec un de ces collègues la gamme Kurtasch / Cortaccia.

 

La grande particularité des vignes locales est de s’étager de 200/250 m à 900 m d’altitude.

Comme on peut utiliser des variétés locales comme le muller thurgau, le schiava (ou vernatsch) le lagrein mais également des internationales comme le Sauvignon ou les bordelais, Merlot et Cabernet Sauvignon les gammes de ces grands opérateurs sont longues comme 2 bras !

Mais cela rime également avec profondeur de vins et de gamme. Tous dans des styles assez intéressants et affirmés.

 

Difficile donc de visiter les vignobles puisqu’ils sont tous variés et appartiennent à plusieurs exploitants différents.

En revanche on peut parler des parcellaires respectés pour les meilleures cuvées. A noter que Termeno/Tramin est un village qui a donné son nom à un grand cépage bien connu dans le monde et en Alsace, Le Traminer, et donc le Gewurztraminer

 

Il y a dans ces coopératives visités, St Mickael Eppan, Kurtasch, des qualités que l’on retrouve dans cette Europe continentale. Vignes soignées, rendements maitrisés mais pas non plus sous produites.

On travaille bien, proprement, c’est carré !

On comprend le nombre de distinctions obtenus par Tramin, Eppan, Terlano, Bolzano etc. dans les guides et les concours. De plus les prix sur les entrées de gamme sont souvent assez doux.

Ici chez Kurtasch, les vins sont autour de 8 à 10 euros pour des blancs frais et agréables, Pinot Bianco, Pinot Grigio, Brenner, Muller Thurgau.

Vraiment de jolis vins dans ces gammes. Pour un importateur important en Europe, USA, Asie ou autre et bien ce sont de très bons vins, produits en quantité assez importante et respectant le consommateur en termes de goût et de qualité.

 

Je note pour ma part quelques très jolis vins dégustés dans la liste des 14 vins testés !

 

Weiss, Nez légèrement boisé, anisq, badianne, fruits blancs, un vin complexe en bouche, tendu mais pas outrageusement. Long et fruité en final. Très Bon

 

St Magdalener à 8 Euros, un vin un peu rustique, animal, mais au style tendu et frais.

Comme le Grau vernatsch, au joli nez de framboise, fraise, et facile en bouche, légèrement épicé, un vin typé.

 

Coups de Coeur :

 

Lagrein Riserva 2014, Nez un peu boisé et de fruits rouges, la bouche est tendue, fraiche, stylée, légérement boisée, à garder 1à/15 ans. Très Bon

 

Merlot Brunthal 2012, Truffé et intensément chocolaté, T beau nez, la bouche est à l’avenant sur le chocolat, un peu puissante et tannique, tannins encore présents. A revoir

Le 2014 apporte une touche de minéralité en bouche très intéressante, un nez moins ouvert mais également truffé, on peut mettre en cave pour une dizaine d’années, ce sera un grand vin. Très Bon pour les 2

 

 

Pour conclure sur cette région et ses vins, superbe endroit, paysages à couper le souffle, très bon accueil, professionnels jusqu’au bout.

Beaucoup de domaines qualitatifs c’est certain, et comme ailleurs la biodynamie, et le AB font des pas de géants.

Très envie d’y revenir pour explorer encore plus le Lagrein local, qui à mon sens est un grand cépage racé.

Vins méconnus en France car nous avons sur le même style déjà de quoi faire (Sauvignon, cépages rhénans et rouges Bordelais) ,  le nord des vallées avec des Rieslings de qualité internationale.

Stanislas ROCHER

par Stanislas ROCHER

OenoConseil, Voyageur dégustateur et Dénicheur de perles.