A Châteauneuf le Clos Mont Olivet

Au fil des rencontres

publié le jeudi 06 décembre 2018 à 08h00

A Châteauneuf le Clos Mont Olivet

Dans la foulée d’une descente en vallée du Rhône, du nord au sud, un arrêt à Châteauneuf du Pape m’a permis de remettre mon nez et mes papilles au goût de certains des vins les plus intenses réalisés en France.

A base de Grenache bien sûr, mais aussi des fameux 13 Cépages autorisés.

Avant de faire un aparté sur l’appellation locale (ndlr : article à venir le 8/12/18), je vais m’arrêter sur un domaine dont on parle beaucoup à ce jour et à juste titre.

 

Je vais donc en plein centre du village, à deux pas de la petite fontaine et des quelques bistrots de la rue principale.

Au Clos du Mont Olivet. Chez la famille Sabon.

Un peu en dernière minute je l’avoue, on me reçoit avec calme et beaucoup de gentillesse.

La dame qui s’occupe du caveau est une locale et elle a plein de bonnes adresses, et autres conseils à distiller.

 

Elle m’explique l’historique du domaine de Séraphin Sabon depuis 1924 qui ensuite aura 2 fils, Roger et Joseph.

C’est Joseph qui donnera la lignée des actuels petits enfants qui s’occupent du domaine.

Exploitant 21 ha en Châteauneuf du pape et 24 sur Côtes du Rhône, Lirac et des Vins de France.

Les Côtes du Rhône sont travaillés majoritairement sur Bollène, plus au nord.

La part est faite au Grenache sur les Châteauneuf, et les vignes sont morcelées sur de nombreuses parcelles dans toute l’appellation.

On peut donc affirmer qu’il s’agit d’un grand vin d’assemblage à ce niveau-là.

 

 

Je ne déguste pas la gamme entière, 4 vins me sont proposés.

Il faudra revenir pour obtenir plus de détails, car la gamme me semble très intéressante, en passant par les VDF et les blancs.

Ici 2 Côtes du Rhône, le « Bollène » et la cuvée Séraphin.

Ensuite 2014 et 2013 en Châteauneuf.

 

Dans chaque vin on ressent la volonté du domaine de faire des vins séveux mais sans lourdeur.

Je déguste lors d’une journée d’automne encore bien chaude, aussi l’alcool ou le manque de finesse serait rédhibitoire.

 

Côtes du Rhône, Bollène 2016, 60% Grenache et 40% Syrah, le nez est léger, aérien, frais, olive noire et thym, sudiste du Nord ou Nordiste du sud. Une légère amertume en bouche, une jolie tension, un bon vin, besoin d’aération. De nouveau gouté 2 jours après en dégustation à St Chinian, le vin se révèlera une bombe.

 

CDR Séraphin 2015, 50% Syrah, 40% Grenache, 10 Carignan, Le nez rappelle la tapenade, l’olive et les notes florales se mélangent. Sapide en bouche, de la mâche et de la structure, à garder. C’est un bon vin.

 

Châteauneuf 2014 : 80% Grenache, 10 Syrah, 6 Mourvèdre, 4 des autres, Un coté nature au nez, puis à nouveau l’Olive, beaucoup de fraîcheur, la bouche est tendue et minérale, long et frais. Bon vin ++, garder mais déjà très ouvert.

 

Châteauneuf 2013 : Assemblage similaire, année plus fraîche et plus difficile. Le nez est plus discret, animal, ça sent les syrahs du nord, lardé, poivré...

Moins de matière en bouche, fluet dans le bon sens, un vin discret et souple, élégant. Déjà bon, j’achète une bouteille :) Réglissé en final, un régal de facilité.

 

Je garde le 2013 en coup de cœur pour son extrême facilité à boire, tout en gardant le style du domaine.

Les 2016 sont épuisés, et les 2015 le seront bientôt.

Le domaine est certainement depuis longtemps au top de l’appellation mais les nombreux articles récents ont dû passablement aider à réduire encore les stocks :)

 

 

 

Un domaine déjà réputé, ils n’auront pas besoin de mon assentiment pour exister, mais je confirme tout le bien que j’en avais lu et entendu. Tarifs raisonnables, on attendrait d’avoir cette qualité chez de nombreux producteurs.

Car les vins d’entrée de gamme semblent bénéficier d’une même qualité de travail que les grands. Et c’est signe de grand sérieux. 

Stanislas ROCHER

par Stanislas ROCHER

OenoConseil, Voyageur dégustateur et Dénicheur de perles.